Séminaire 2004 Toulon

Echanges Européens sur les Concepts et les Pratiques Le champ, les références, l’intervenant
Textes du Séminaire de Toulon 2004

Trame du séminaire

1 Le champ : à qui s’adressent les pratiques ? Clients ou Usagers ?

Commentdéfinit-onceuxpourqui se déploient les pratiques de santé mentale ?

Le patient s’efface aux yeux des gestionnaires derrière le client et, aux yeux de ceux qui revendiquent de ne plus être de simples consommateurs de soins, derrière l’usager.

Cette question va de pair avec l’articulation des espaces : la psychiatrie n’est pas la santé mentale, le domaine sanitaire ne recouvre pas, loin s’en faut, celui du social. Finalement, à qui s’adresse la psychiatrie ?

2- Les références : des valeurs aux classifications.

La médecine basée sur les preuves s’est constituée en paradigme. Cette nouvelle donne fera l’objet d’un séminaire spécifique du CEDEP en 2005.

Pour défricher le terrain nous proposons de réfléchir sur les catégories qui se dessinent dans la pratique actuelle. Les classifications fleurissent et concernent les handicaps, les maladies mentales graves, les patients difficiles, les patholologies sévères, etc…

Certains pays ont choisi d’opposer à l’evidence-based medicine la value-based practice. C’est essayer de développer une pratique qui se réfère à des valeurs plutôt que de laisser les classifications envahir toute la construction de la relation clinique. Celles-ci devenant la base de l’orientation du patient à travers les filières de soin et support de toute référence thérapeutique,.

3 – L’intervenant : être psychothérapeute en Europe aujourd’hui.

L’amendement Accoyer en France a fait émerger un certain nombre de questions diversement abordées dans les pays européens. Parmi celles-ci se posent les questions de l’évaluation des pratiques et des compétences, du contrôle par les autorités de la qualité des prestations dispensées, etc.

Au delà de la question de l’institutionnalisation et de la reconnaissance des pratiques psychothérapeutiques, se pose celle du statut de « l’intervenant en santé mentale ». A la notion historique d’ « opérateur » développée par Psychiatria Démocratica répond actuellement, dans les pays anglo-saxons, la notion de « case manager », dont on pourrait rendre compte en parlant de « gestionnaire de la continuité des soins » (Belgique). Ces dénominations renvoient à une réalité des soins en santé mentale qui semble, à priori, s’inscrire dans une logique gestionnaire ou d’accompagnement symptomatique. Dans ce contexte, y a-t-il encore une place pour la psychothérapie dans les pratiques institutionnelles ? Ou doit-on considérer que la psychothérapie devient surtout l’apanage d’une pratique privée de plus en plus encadrée par les pouvoirs publics