Séminaire Montignac 1996

ENTRE PRESSION SOCIALE ET INJONCTION LEGALE, PEUT-ON SOIGNER LES DELINQUANTS SEXUELS ?

ARGUMENT
La rumeur enfle de jour en jour pour dénoncer le laxisme de la justice et les
insuffisances de la psychiatrie dans un domaine dont elle ne se saisit qu’avec réticence.
Il y aurait urgence à traiter à tout prix les délinquants sexuels : les juges se disent démunis et débordés devant ce dévoilement soudain d’une problématique qui remet en cause jusqu’à la finalité de la peine; pouvoirs publics, médias et associations de familles de victimes réclament de leur côté le développement de prises en charges qui tiennent plus du redressement et du contrôle que du soin.

Le développement d’une psychiatrie qui ne s’occupe que du symptôme en le traitant par des techniques cognitives ou biologiques s’en trouverait d’autant plus justifié.

A cette nuance près que le symptôme ne ressort plus de la psyché, mais du domaine pénal : il s’agit de garantir la société du risque de récidive.

Dans la confusion qui règne, il devient essentiel pour le CEDEP de structurer une réflexion qui permette de resituer les enjeux éthiques, sociaux et politiques, mais aussi de définir le champ clinique de la délinquance sexuelle, entre perversion et pathologie de l’acte et entre sexe et violence.

La question de la délinquance sexuelle telle qu’elle nous est posée actuellement doit aussi nous faire poser la question du contrôle social tel qu’il se redéfinit et de la place que ce contrôle tend à assigner à la psychiatrie.

Textes du Séminaire de Montignac 1996